Thursday, September 23rd, 2021

Les difficultés du quotidien

La pénibilité du maternage double et la fatigue ; multiplier les actes de « pouponnage » par deux en un temps record, surtout lorsque l’on est novice, n’est pas anodin. La répétition lancinante des tâches, et la fatigue induite, de jour comme de nuit, s’installe parfois très vite dans le quotidien.

L’oubli de soi et du couple ; c’est déjà le cas lorsqu’un enfant surgit dans son quotidien, c’est encore plus le cas lorsque deux enfants nécessitent toutes les attentions du couple. Veillez à vous entourer le plus possible d’aides (familiale ou professionnelle) car il est indispensable de s’accorder des moments de répits, pour soi et pour la pérennité de son couple.

Le repliement sur soi et l’isolement ; cela va vite ! Les parents de jumeaux se sentent souvent incompris, fatigués, seuls. Ce n’est pas faute de les aider, mais bon nombre d’entre eux vivent mal, très mal cette marginalisation parentale. Heureusement, avec l’avènement d’internet, des groupes d’entraides se développent sur les réseaux sociaux, et pas que. Votre association « jumeaux et plus », je me répète, est là pour vous aider humainement et vous sortir de cet entonnoir social.

Le budget ; il est plus lourd lorsque le couple ne dispose d’aucune puériculture. Guettez les promotions sur les couches et les poussettes doubles, et achetez en gros. Favorisez enfin les supers marchés qui disposent de caddies doubles places. Récupérez la puériculture familiale. Le système D. devient en toute logique le meilleur atout !

La place en société ; on constate un changement immense de sa place en société dès lors que l’on devient ce parent-là, celui qui a eu des jumeaux. Très vite, on vous repère, on parle de vous, on vous aborde. Cet attrait n’est pas toujours bien géré par les parents, émotionnellement parlant, surtout au début, la fatigue aidant, mais avec le temps, cela devient croustillant au possible de devenir un petit plus « spécial » que les autres !

La comparaison ; chaque enfant est unique, on le sait bien, mais il est humainement compliqué de parler de l’un sans parler de l’autre, et par voie de conséquence de les comparer. On aurait l’impression, au contraire, d’en privilégier un plus que l’autre… Pour autant, je ne dis pas que c’est « bien » de les comparer. Mais je souhaite simplement déculpabiliser les parents et les proches qui ne peuvent s’empêcher de le faire. J’ai simplement constaté que presque tous le font, bien malgré eux, et que l’inverse est tout bonnement très compliqué et nécessite une psychologie hors du commun.

La relation gémellaire ; c’est un lien particulier qui, véritablement, n’a pas d’autre nom que celui que je viens d’employer. C’est plus fort qu’une fratrie classique, plus fort qu’une amitié, différent de l’amour au sens romantique du terme. Cette relation suscite et suscitera toujours un intérêt particulier autour d’eux. Il faut savoir les en protéger, dans un premier temps. Puis, doucement leur apprendre à comprendre et à gérer cela. Ce n’est pas si évident, surtout lorsque la scolarité entre en jeu. Jalousie ? Complicité ? Compétition ? Emulation ? Ces enfants nés au monde ensemble vont devoir apprendre à se distancer l’un de l’autre au fur et à mesure des années sans trop de heurts. Parfois cela se passe relativement bien. Parfois cela se passe avec perte et fracas. Mais cela n’est jamais simple et engendre bien des difficultés de pédagogie, comme nous le verrons encore dans le chapitre « savoir-être ».

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